Contexte

La IIème Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) tenue à Lagos, Nigeria, les 28 et 29 avril 1980, a révélé que « l’Afrique a été incapable d’atteindre un niveau de croissance significatif ou un niveau de bien-être satisfaisant pendant les vingt dernières années », et a décidé de l’établissement des Communautés Economiques Régionales (CER) pour accélérer le développement du continent.

Le 18 octobre 1983, à Libreville, Gabon, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la région Afrique centrale ont décidé d’établir la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).

L'Afrique centrale, avec 6.667.017 Km2 et environ 187 millions d’habitants, est un territoire ouvert sur l'océan Atlantique avec 3000Km depuis la frontière, entre l'Angola et la Namibie au sud, jusqu’à celle entre le Cameroun et le Nigéria au nord. Elle est limitée de part et d’autre par le Nigeria, le Niger, la Libye, le Soudan, le Soudan du Sud, l'Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, et la Namibie, au niveau continental.

La CEEAC est la seule CER du continent qui borde toutes les autres, notamment : la CEDEAO, l'UMA, l'IGAD, la CAE et la SADC. Par conséquent, elle peut servir de région charnière au processus d’intégration continentale, de lien direct entre les CER et l'océan Atlantique et, parallèlement, subit l’impact de l’environnement économique et sociopolitique de celles-ci.

La centralité géographique de la CEEAC prédispose ses États membres à appartenir à de multiples CER ayant différents degrés d’évolution dans leurs processus d’intégration, notamment : la SADC, la CAE, le COMESA et la CEN-SAD. Ceci conduit inévitablement à des conflits d’intérêts et d’influence ainsi qu’au déploiement d’efforts double en matière de ressources financières et humaines, et de logistique, etc.

L’histoire récente des États membres de la CEEAC a conduit ces derniers à appartenir à différentes organisations internationale/régionales de coopération/intégration, notamment : la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP) et la Communauté des Nations (Commonwealth).

De même, ce passé historique a aussi conduit ces derniers à appartenir à différentes zones monétaires, notamment : la zone Franc CFA (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad), la zone Kwanza (Angola), la zone Franc Burundais (Burundi), la zone Franc Congolais (RDC); la zone Franc Rwandais (Rwanda) et la zone Dobra (Sao Tomé et Principe) avec des degrés différents des relations avec des monnaies externes à la région.

Par ailleurs, l’environnement socio-économique de la région est caractérisé par :

l’accroissement de la dette publique de la majorité des Etats ;

l’accroissement de la dette publique de la majorité des Etats ;